Tonte Mouton France
la laine, en fait, c'est quoi ?

La laine est une fibre d’origine animale : elle peut-être issue de moutons, certes. Mais également de chèvres (les chèvres angora donnent le mohair et les cachemires la laine éponyme), de lapin (angora) ou de lama ! Chez Laines Paysannes, nous sommes producteurs de moutons et nous avons donc choisi de valoriser la matière que nos animaux produisent au quotidien. Elle fait partie de nos vies d’éleveurs et pourtant est aujourd’hui considérée par l’Europe comme « un sous-produit », autrement dit « un déchet » ! Nous nous intéresserons donc ici à la laine de nos moutons, et vous réservons d’autres articles pour les différentes laines.

Ils n’ont pas l’air de porter des déchets, non ?

Composition de la toison d’un mouton

La laine des moutons, c’est un ensemble de fibre composées de kératine. Oui, la même matière que nos cheveux et nos poils. Elle a tout de même des propriétés très différentes. Elle est récoltée sur la toison du mouton, qui, surprise, peut contenir jusqu’à 4 types de fibres différents :
– la laine : celle que nous connaissons et nous aimons pour ses propriétés
– le jarre : une fibre grossière avec des propriétés moins intéressantes que la laine. On le retire au maximum des toisons, mais il reste présent chez la plupart des races. C’est « à cause » de lui qu’on dit que la laine gratte. Mais avec un tri manuel adapté, ce n’est pas très compliqué de retirer l’essentiel du jarre pour garder uniquement la laine. C’est ce que nous faisons chez Laines Paysannes, et c’est également le savoir de tous les artisans lainiers.
– le poil/crin : plus grossière que la laine, avec des écailles rectangulaires peu saillantes. Cette fibre, grossière mais très résistante, sera intéressante pour fabriquer des tapis.
– les hétérotypes : ce sont les fibres qui présentent, sur un même brin, les caractéristiques du jar et de la laine.

On retire le jarre avec le sourire !

Les différents types de laine

Comme l’explique Jean Rougeot, un spécialiste de la laine à l’époque où cette matière intéressait l’INRA ;), l’homme n’a pas toujours cherché la laine la plus douce. Les types de laine sont multiples et les valorisations tout simplement adaptées aux usages. Alors pour s’y retrouver, les lainiers ont établi des classements. Voici un exemple basé sur ce que l’on retrouve dans les races autour de chez nous (merci Olivia !).
– les laines grossières, de 35 à 40 microns : elles correspondent aux races manech ou basco-béarnaises, nos brebis laitières. Elles seront parfaites pour du fil à tapis.
– les laines moyennes, de 35 à 25 microns : on les retrouve entre autre chez la tarasconaise, la brebis ariégeoise. Elle est gonflante et bien adaptée à la literie ou au vêtement de dessus.
– les laines croisées fines, de 25 à 20 microns : ce sont les laines des races Aure et Campan ou Lacaune. Bien adaptée aux vêtements et accessoires.
– les laines très fines, moins de 20 microns : laine de Merinos, utilisée pour les vêtements fins et les sous-vêtements.

Chaque laine possède donc ses caractéristiques et peut être valorisée en fonction de celles-ci. Il n’y a donc pas de bonnes ou mauvaises laines, elles sont multiples et cela fait partie de la richesse de cette ressource naturelle et renouvelable. Elle repousse tous les ans sur le dos des moutons et peut avoir de nombreux usages quotidiens. Alors à nous de (re)découvrir cette matière, elle repousse tous les ans sur le dos des moutons et a des usages multiples au quotidien ! Et vous, vous vous servez comment de la laine ?

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