Laines locales
Les laines locales, des ressources singulières à l’image de leurs territoires

Les laines locales, des ressources singulières à l’image de leurs territoires

La laine tout le monde sait ce que c’est, tout le monde en a déjà touché au moins une fois, tout le monde connait d’où ça vient et pourtant… qui connait dans les détails ses caractéristiques, ses propriétés, ses transformations et ses usages ?  

Au-delà de la valorisation des laines locales pour la fabrication de vêtements, d’accessoires et de literie, nous voulons faire connaitre cette matière étonnamment moderne qui prend soin des hommes et de la nature. Parce qu’on croit que la vraie laine de vrai mouton répond aux enjeux de demain, parce qu’on a envie d’un monde fait de proximité, de transparence et de bienveillance, on a décidé de vous parler des laines locales.

On est aussi persuadés que c’est en faisant connaitre la filière laine Française et ses enjeux dans un contexte mondialisé que nous pourrons faire bouger les lignes et les consciences.

Alors si l’on part du commencement, on peut se poser la question « qu’est-ce qu’une bonne laine ? ».

Qu’est-ce qu’une bonne laine ?

La laine désigne les fibres spécifiques au mouton, mais aussi les matériaux issus de la transformation de ces fibres comme les fils ou les textiles.

Une bonne laine dépend des conditions d’élevage, de récolte mais aussi de transformation en aval.

Avant tout, elle est issue d’un mouton en bonne santé. Elle doit être souple, homogène et non cassante. Et enfin, ses caractéristiques doivent être adaptées à sa valorisation.

La bonne qualité de la matière première sera bien sûr déterminante pour la qualité de votre produit fini, alors nous devons prendre soin des bêtes, soin de la matière, soin de la transformation.

S’engager pour une mode régénératrice

Nous ne pouvons parler de qualité de laine, sans faire un lien avec l’élevage des moutons.  On vous invite alors à regarder d’un autre œil vos vêtements en laine, ou plutôt à vous poser des questions, car les matières vivantes regorgent de subtilités !

Chaque race de mouton possède des caractéristiques lainières qui lui sont propres (ça, c’est la génétique, mais nous y reviendront).

Pour chaque brebis, la qualité de la fibre qu’elle produit va être influencée par le climat, l’alimentation et le mode d’élevage. Par exemple, pendant la période de gestation ou de lactation, la brebis va consacrer toute son énergie à son petit, moins à sa laine qui peut devenir cassante. Ou encore, une laine tondue au printemps sur le dos de bêtes qui ont passé l’hiver dehors aura tendance à être plus propre qu’une laine qui a passé l’hiver en bergerie et qui aura accumulé les graines de foin et les pailles qu’il faudra éliminer par la suite.

Ces choix d’élevage sont bien sûr conditionnés par la région dans laquelle on se trouve, son relief, son climat, ses traditions… ce qui explique la grande diversité des laines françaises et européennes !

Mais les critères d’une laine de qualité ne s’arrêtent pas là. Lors de la tonte, les brebis couvertes d’une jolie laine doivent être tondues dans de bonnes conditions : une laine sèche (le troupeau rentré avant la pluie), une bergerie bien propre et protégée des pailles (une grande bâche et un balais passé régulièrement sont une bonne base), des tondeurs et tonderesses appliqués.ées, et des petites mains pour ramasser les toisons soigneusement.

Ensuite interviennent les critères de tri des toisons qui doivent être adaptés à l’usage prévu de la laine (par exemple, de la longueur pour du fil à tricoter VS du gonflant pour les couettes et les matelas), et bien sûr, de bonnes conditions de stockage à l’abri de l’humidité en attendant le lavage.

En bref, produire une laine de qualité demande une réelle concertation à la croisée entre plusieurs métiers, ce qui en fait une aventure humaine (et technique) passionnante dont l’apprentissage est constant.

Les propriétés des laines locales et leurs diversités

La laine est une fibre flexible et légère, solide et élastique, plus ou moins gonflante.

Très bon isolant thermique, elle protège du chaud comme du froid et régule l’humidité (pas de transpiration, pas de mauvaises odeurs !). Isolant phonique, elle possède une formidable capacité à atténuer les sons. Elle s’enflamme difficilement et grâce à sa capacité à absorber certains composés organiques volatiles, elle assainit l’air (oui oui 😉)

Mais ce n’est pas tout, elle est bien sûre écologique : naturelle, renouvelable et biodégradable, elle pousse sur le dos des moutons tous au long de l’année. Et quand elle ne sert plus ni aux moutons ni à l’homme, elle peut être compostée.

La laine répondrait-elle aux enjeux écologiques actuels, pile poil ?

Ces propriétés incroyables font que la laine sert dans de nombreux domaines (habillement, literie, décoration, isolation, agriculture…). Mais ces différents usages dépendront des caractéristiques propres à chaque laine selon les différentes races.

Certains moutons possèdent une fibre douce et fine adaptée à l’habillement, d’autres des fibres très rustiques mais longues et solides adaptées à l’ameublement. Entre les deux, une multitude de finesse, de longueur, de douceur, de gonflant…la clef ? une valorisation adaptée à chaque type de laine !

Alors à la question « est-ce que la laine ça gratte ? », pas de réponse évidente, ça dépend quelle laine et pour quoi faire 😉

Entre le mouton et vous : La transformation de la laine !

On l’a vu, la laine pousse toute l’année sur le dos du mouton avant d’être tondue et triée.

Ensuite commencent les process de transformations, qu’ils soient manuels, artisanaux ou industriels :

  • Le lavage consiste à éliminer les graisses présentes dans la laine, les poussières et une partie des végétaux. Elle perd en moyenne 50% de son poids selon sa teneur en suint et sa propreté.
  • Le cardage permet d’ordonner les fibres parallèlement les unes aux autres pour les préparer à la transformation suivante. Cette étape permet d’éliminer une partie des impuretés.
  • Le peignage peut s’ajouter au cardage pour éliminer les fibres courtes et la totalité des impuretés. Cette étape permet d’obtenir un ruban très régulier et très lisse mais reste peu présente en France.

Une fois cardée ou peignée, la laine est prête à être filée ou feutrée.

  • Le filage ou la filature consistent à étirer et tordre les fibres entre elles pour réaliser un fil. C’est un savoir-faire très archaïque !
  • Le feutrage repose sur la capacité naturelle de la laine à s’entremêler sous l’action de l’humidité et du mouvement. Les écailles de sa fibre s’ouvrent par action chimique (eau chaude + savon) et s’accrochent entre elles par action mécanique (mouvement).

Que peut on faire de la laine ?

A partir des différents types de laine et de leurs propriétés, des multiples matières obtenues (laine lavée, laine cardée, fil, feutre…) et des techniques utilisées (tricot, crochet, tissage, feutrage, teinture…) les champs d’application de cette fibre incroyable sont évidemment infinis. Alors voici simplement quelques pistes !

La laine pour s’habiller : des pulls, vestes, robes, manteaux, chemises, chaussettes, bonnets, chapeaux ou autres accessoires, le vestiaire lainier est infini, depuis les costards haut de gamme jusqu’aux vêtements de travail.              

La laine dans la maison : feutrée, cardée ou en vrac, elle convient à l’isolation, à la literie (matelas, couettes, oreillers…) ou d’autres applications comme la fabrication de yourtes.

En tissus, elle sert à la fabrication de moquettes, tapis, plaids ou couvertures ou encore de tissus d’ameublement.

La laine au jardin : rouleaux de feutre comme couvert végétal, en vrac comme paillage ou engrais, il existe même des pots de fleurs biodégradables qui se décomposent et fertilisent le sol.

En bref, les usages de la laine sont aussi larges que les façons de la travailler, et n’ont de limite que notre créativité. Nous vous invitons à être curieux des nombreux acteurs travaillant avec les laines locales. L’association ATELIER laines d’Europe a répertorié sur une carte interactive un grand nombre de projets et d’acteurs.

Vous l’aurez compris, quand on parle de laines locales ont s’intéresse en premier lieu aux moutons et à leur condition d’élevage. C’est ensuite l’affaire de passionnés, de spécialistes qui travaillent main dans la main au sein d’une filière laine locale résiliente pour offrir des ressources qui font du bien à l’homme et à la nature.

Le contenu de cet article de blog a été crée à l’occasion de la première campagne #laineslocales en 2020 par Laines Paysannes.

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